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Albi Vélo Sport, l’élan d’un club entre héritage, formation et modernité 

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Né de la fusion de deux entités historiques, Albi Vélo Sport s’est imposé comme un acteur majeur du cyclisme fédéral. Porté par l’engagement de son président Bernard Larroque, le club tarnais conjugue organisation d’événements d’envergure, formation des jeunes, développement du cyclisme féminin et ouverture aux nouvelles pratiques comme le Gravel.

Jusqu’en 1998 la municipalité a encouragé les deux clubs cyclistes de la ville à fusionner : l’Union Cycliste Albigeoise et le Vélo Racing Club Albigeois ont chacun apporté leur savoir-faire (qui en matière de compétition, qui de formation) pour devenir ensemble Albi Vélo Sport

À l’époque Bernard Larroque renonçait doucement à la pratique du rugby, et donnait ses premiers coups de pédale, avant de participer à ses premières épreuves cyclosportives. C’est ainsi qu’il s’est approché du club, où il assumerait bientôt de plus en plus de tâches bénévoles. Le désir de sa fille, alors âgée de quinze ans, de se lancer dans le cyclisme, le poussant à passer ses brevets fédéraux, acheva d’en faire un pilier du club. En 2001, il en prit une première fois la présidence. La même année lui naissait un fils – ce qui n’est pas sans importance pour la suite, puisque le rejeton à son tour réclamerait un vélo. 

Mais comme d’autres avant et après lui, rattrapé par ses obligations professionnelles, et n’étant pas du genre à faire les choses à moitié, il passa la main en 2007. 
Tel un enfant sain et vigoureux, l’Albi Vélo Sport continuait de grandir, développant ses activités sur plusieurs fronts. Il y eut la création d’une DN, puis d’une DN Espoirs, qui perdura quelques saisons, autant que la réalité économique le permettait. Depuis lors, ayant gagné ses droits à la retraire, désormais libéré, Bernard Larroque est redevenu le président du club. 
 
Aujourd’hui Albi Vélo Sport se distingue sur plusieurs terrains : les organisations, la formation, la féminisation, et l’ouverture. 

Un club organisateur 

L’organisation en 2014 d’une manche de coupe de France de cyclo-cross n’était pas une tocade. La création en 2023 du premier stade cyclocross labellisé par la FFC témoigne d’une authentique culture de la discipline. D’ailleurs, Albi a accueilli deux autres manches de la coupe de France : en 2023, à l’occasion de l’inauguration officielle du stade par le président Michel Callot, et 2025.  De cette dynamique organisationnelle procède aussi la tenue du Trophée de France de Cyclocross, destiné au U13 et U15. 

On pourrait aussi mentionner l’organisation du championnat du monde de Granfondo 2016 : accueillir 6 à 7000 participants venus des quatre coins du monde n’est pas une mince affaire.

Un club formateur

Outre ce qui concerne l’école de cyclisme labellisée EFC, hyperactive et aussi ancienne que le club lui-même, le souci de la formation traverse plusieurs projets du club. L’AVS est impliqué dans une dizaine d’opération SRAV annuelles et, comme le souligne Monsieur Larroque « Le SRAV est à la fois un engagement citoyen, et une occasion de faire rentrer les recettes dont nous avons besoin pour financer notre emploi salarié. » 

Les obligations budgétaires ayant réduit la part du haut niveau proprement dit, un effort est porté sur la catégorie U17, avec la création d’une «Académie». Le mot n’est pas choisi au hasard, il fait référence à une conception du cyclisme comme un long apprentissage. Les « cadets » sont ainsi supervisés et entraînés par Fannie Estivals, salariée en CDI. Fannie fait aussi partie de l’équipe féminine de DN2. « Lors de ma première mandature, raconte Monsieur Larroque, nous avions engagé Didier Jannel, qui est ensuite devenu directeur sportif chez AG2R Decathlon – c’était en 2010, il y est toujours. Tout ce que je souhaite à Fannie, c’est de suivre le même type de chemin. »

Un club paritaire

Le team Eurinvest by Albi, qui s’est hissé sur le podium de la coupe de France DN2 féminine, a été créé voici trois ans sous la houlette de Claudia Carceroni-Gilles, ex-professionnelle brésilienne parée de 16 (!) titres mondiaux, montée autrefois sur le podium d’un Tour de France féminin remporté par une certaine Longo. L’effectif de 8 coureuses se partage entre filles d’expérience et U19 prometteuses, telle Maîté Cohelo da Silva, championne du Brésil. 

Enfin, pour Albi Vélo Sport, la féminisation n’est pas que de façade, puisque non seulement les femmes représentent 30% de l’effectif total du club, mais aussi que – fait encore suffisamment rare pour être souligné – le bureau lui-même est paritaire, partagé entre 7 femmes et 7 hommes.

Un club ouvert

Ouvert à tous, comme aux nouvelles tendances. De fait, le 2 mai prochain, l’AVS organise première manche de la première coupe de France de Gravel. « Concernant le Gravel, je pense qu’il ne faut pas rater le train, commente le président du club, et cette coupe de France est une opportunité évidente. Nous avons la chance de pouvoir compter sur l’expertise et le soutien technique de Lilian Calmejane. Il roule beaucoup en Gravel, et c’est lui qui a tracé les parcours, alors je sais que les participants vont se régaler. »  

La topographie des lieux, la variété des paysages sont aussi des atouts à exploiter. La ville, le département et le conseil général ne s’y sont pas trompé. Le parc Cap Découverte, cet espace de loisirs de 700 hectares installé sur le site de l’ancienne mine à ciel ouvert, foisonne de chemins roulables. De quoi donner encore bien des idées à Bernard Larroque et tous ses camarades de l’Albio Vélo Sport.